Le "plus long programme TV au monde" fait recette

Succès inattendu pour le "plus long programme TV au monde": l'émission où l'on suit en direct et sans pause le périple de 134 heures d'un express côtier au large de la Norvège a battu des records d'audimat et donné un coup de fouet à l'action de l'exploitant de la ligne.
Le week-end dernier, plus de 2,5 millions de Norvégiens, soit une bonne moitié de la population du pays scandinave, se sont branchés sur la chaîne NRK2 pour vivre par procuration l'évolution, minute par minute, de la croisière considérée comme l'une des plus spectaculaires au monde.
Parti jeudi soir de la ville hanséatique de Bergen (sud-ouest de la Norvège) pour rejoindre le Grand Nord après de multiples incursions dans des fjords, le Nord-Norge est bardé de caméras qui permettent de suivre en direct les 8.043 minutes du voyage.
Grâce à ce projet original, NRK2 dit s'être arrogé une part de marché de 35% le week-end dernier, un chiffre sans précédent alors que l'audience de la chaîne n'était que de 6% le week-end précédent.
Sur internet où l'on peut aussi suivre le périple en streaming (http://www.nrk.no/hurtigruten/) sans bouger d'un pouce, les internautes ont regardé le programme pendant l'équivalent de près de 1 milliard de secondes, selon NRK.
Parmi les "croisiéristes" en ligne les plus fanas figurent les Norvégiens (54% des visionnages) mais aussi les Danois (7%), les Américains, les Allemands, les Britanniques et les Français avec 4% chacun.
Parallèlement, l'action de la compagnie qui exploite les express côtiers, Hurtigruten, a bondi en Bourse grâce aux retombées commerciales attendues: lundi en fin d'après-midi, le titre s'adjugeait 13,58% sur un marché en baisse de 0,73%.
Le Nord-Norge devrait atteindre mercredi matin sa destination finale, Kirkenes, petite ville proche de la frontière russo-norvégienne dans une région où le soleil ne se couche jamais en été.
A Londres, un ex-bordel devenu église évangélise le quartier des noctambules

Elle s'est offerte un lifting complet quand d'autres sont menacées de fermeture ou converties en restaurant: à Soho, fief des noctambules, l'église St Patrick répand la bonne parole entre bars et boîtes de nuit, loin de son passé sulfureux d'ancien lieu de débauche.
C'est une paroisse de Londres pas tout à fait comme les autres, "bâtie à un endroit où se passaient des choses pas très catholiques", résume benoîtement le père Alexander Sherbrooke, qui y officie depuis plus de neuf ans.
Au 18e siècle, l'une des maîtresses de Casanova, dont elle avait eu un enfant, y tenait un music-hall. Cette chanteuse d'opéra organisait soirées et concerts pour le plus grand plaisir des grands du royaume qui venaient aussi satisfaire des appétits autres que culturels.
Mais la roue a tourné, la chanteuse a été ruinée et le bordel de haut vol a laissé place à la fin du 18e siècle à un nouvel édifice, religieux cette fois: l'une des premières églises catholiques de Londres, édifiée grâce à des immigrants irlandais, très nombreux dans ce secteur.
Deux siècles et quelques années plus tard, elle est toujours là, coincée entre des immeubles, avec son clocher en briques rouges et son portail discret, juste devant un square traversé par le flot incessant des touristes qui se pressent dans ce quartier parmi les plus animés de la capitale.
Il y a quatorze mois, St Patrick a fermé temporairement ses portes pour une vaste réhabilitation qui a coûté 3,5 millions de livres, financés par une souscription publique.
Aujourd'hui, avec son sol de marbre brillant, ses candélabres tout neufs, ses dorures étincelantes et sa cafétéria, elle ferait envie à bien des 16.000 églises anglicanes du pays dont certaines ont un besoin criant de rénovation, mais manquent de moyens. Chaque année, 25 d'entre elles ferment et il n'est pas rare d'en découvrir au hasard des rues transformées en restaurant, magasin, crèche ou appartements.
Autour de St Patrick, se succèdent théâtres, boîtes de nuit, sex-shops et bars gays. A quelques encablures, l'énorme escarpin scintillant qui sert d'enseigne à la comédie musicale "Priscilla, Folle du désert", fait figure d'emblème pour ce quartier, devenu un lieu de ralliement de la communauté homosexuelle.
"Disons qu'il a une certaine réputation, qu'il s'y passe encore des choses qui n'ont rien à voir avec la vie religieuse", commente le père Alexander. Mais lui n'en a cure. Car sa mission "est, comme dans n'importe quelle autre église dans Le Monde, d'attirer ici les gens pour qu'ils se rapprochent du Christ".
"Peu importe qui ils sont. Je ne m'installe pas à l'entrée pour demander à ceux qui se présentent de remplir un questionnaire: +êtes vous homosexuel, hétérosexuel, venez-vous de voler dans un magasin+?", explique le prêtre qui, jadis, fut aumônier dans les prisons.
Les gens rentrent pour prier, se confesser ou tout simplement parce que c'est un lieu calme et serein, raconte-t-il. Comme ces membres du temple Hare Krishna de Soho qui viennent souvent en voisins.
Si elle s'efforce de s'adapter à ses drôles de paroissiens, l'église St Patrick, qui a ouvert un centre d'écoute sur la drogue et l'alcool et distribue des repas aux SDF, n'a pas toutefois été jusqu'à prévoir une "messe pour les gays", comme une autre paroisse à proximité.
Mais les offices sont en plusieurs langues - de l'espagnol au mandarin, en passant par le portugais - car le gros de ses troupes est formé des nombreux immigrés qui vivent dans les environs.
"Quelquefois quand je célèbre la messe en anglais, je me demande combien me comprennent", sourit le père Alexander.
Une émeraude géante exposée pour la première fois en Colombie

Une émeraude brute géante, de 11.000 carats et pesant cinq livres, "la plus grosse du monde" selon ses propriétaires, est exposée à Bogota pour la première fois depuis son extraction il y a douze ans dans la mine colombienne de Muzo.
"Sa valeur est inestimable" a déclaré à l'AFP Santiago Soto, porte-parole de la foire minière où la pierre précieuse est exposée par son propriétaire, l'entreprise Coexminas.
L'émeraude, d'un vert intense opaque, a été trouvée dans le centre-est de la Colombie mais n'avait jamais été montrée en public.
Baptisée "Fura", en hommage à une belle indienne qui selon la légende a habité la région, elle est exposée sous verre et sous stricte surveillance.
Des groupes ne dépassant pas 15 personnes peuvent se rendre dans la salle où elle est exposée pour la contempler pendant quelques minutes en se tenant à environ deux mètres de distance, sous le regard de cinq gardes en civil.
Samedi quelque 4.000 personnes étaient venues l'admirer.
Muzo (centre-est) est situé dans la zone des mines d'émeraude colombiennes d'où sont extraites les plus belles pierres du monde.
La Colombie représente 55% du marché mondial des émeraudes, avec des exportations s'élevant à 200 millions de dollars environ par an.